La lutte entravée des travailleurs de l’université de Paris Nanterre

Depuis le 4 mai, à Nanterre, 100 à 250 travailleuses et travailleurs, en majorité non-enseignants, se sont réunis à quatre reprises en assemblée générale avec l’ensemble de leurs syndicats (la CFDT s’est retirée à partir du 6 mai). Ils sont en majorité précaires et subissent de plein fouet l’inflation. Dans cette situation, la présidence en tout appui sur les conseils de cogestion, a décidé de privilégier les catégories A (souvent proches de l’administration) sur les attributions du régime de primes Rifseep et de ne pas respecter la promesse d’une rétroactivité depuis le 1er septembre 2025. Alors que les loyers du logement privé sont insoutenables et que l’inflation repart, ces travailleurs perdent une partie importante de leur rémunération. Les assemblées générales exigent la revalorisation des primes, leur répartition équitable et affirment leur opposition à la mesure xénophobe du ministre de l’ESR Baptiste contre les étudiants extracommunautaires. Ils continuent d’assurer les tâches nécessaires pour les partiels des étudiants.

Les personnels, réunis à une centaine… rappellent leur détermination à obtenir l’enveloppe budgétaire promise (incluant la rétroactivité au 1er septembre 2025) et le principe d’une répartition équitable … Ils ont également affirmé leur opposition à l’augmentation des droits d’inscription des étudiant·es étrangers hors Union européenne. (Sud éducation 92, 7 mai 2026)

Chaque fois, les responsables syndicaux, qui sont tous cogestionnaires (membres du conseil d’administration qui applique l’austérité du gouvernement Macron-Lecornu), ont fait voter la « grève reconductible » et les fourvoient dans des espoirs placés dans la rectrice et un « groupe de travail » (sic) sur le Rifseep. Les travailleurs savent par expérience que la rectrice a été nommée par le gouvernement pour appliquer l’austérité budgétaire et que les « groupes de travail » laissent entièrement la main aux présidences.

Pour obtenir satisfaction, les travailleurs doivent balayer ces obstacles, contrôler leur propre mouvement, imposer la grève jusqu’à satisfaction, entrainer les étudiants et les enseignants dans le mouvement. C’est possible ! À Nanterre, 3 000 heures de cours vont être supprimées à la rentrée 2026, des centaines de sans-facs se réunissent chaque année et se font expulser par les CRS, les Crous ont supprimé une partie du repas à 1 euro… Le tableau est le même dans tout le pays.

Ce qui freine l’unité, c’est la politique catégorielle et cogestionnaire des appareils syndicaux (où le NPA-R figure en bonne place).

Étudiants et travailleurs, réunissons-nous, discutons des mots d’ordre qui unissent, imposons le boycott des conseils de cogestion (CA, Cneser, etc.), coordonnons nos délégués élus à l’échelle de Nanterre, de la région parisienne, de tout le pays. Telle est l’orientation qui a été défendue par les élus de la tendance intersyndicale PSC à la commission administrative nationale du Snesup-FSU, que les bureaucrates ont refusée, pour ne pas gêner leur « dialogue social » avec le gouvernement capitaliste au Cneser du 12 mai.

Augmentation des salaires de 400 euros pour tous (et non des primes qui ne comptent pas dans les congés maladie et la retraite) ! Indexation des salaires sur l’inflation ! Titularisation des contractuels ! Expropriation des établissements privés du supérieur ! Gouvernement des travailleurs ! États-Unis socialistes d’Europe !

13 mai 2025

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