Retrait de la circulaire du 2 juillet ! Boycott de la commémoration scolaire du 11 novembre !

Le gouvernement Macron-Lecornu-Geffray veut imposer que les enseignants prennent en charge sa politique militariste par l’instauration d’une Journée nationale de commémoration de la victoire et de la Paix, hommage à tous les Morts pour la France. La circulaire du 2 juillet, courageusement publiée pendant la vague de canicules au début des congés d’été, relève clairement de la préparation nationaliste à la guerre. Elle exige des enseignants, 4 jours avant ou après le 11 novembre, « une cérémonie » dans les écoles (CM1, CM2), collèges et lycées. Le but est de participer à « la cohésion nationale, a fortiori dans un environnement international marqué par des formes renouvelées de conflictualité ». Les professeurs sont sommés de préparer les élèves au sacrifice en rappelant « les moments où la Nation a été mise à l’épreuve et où sa cohésion a dû s’incarner » . C’est un écho très clair au projet morbide du général Mandon qui appelait à « accepter de perdre ses enfants » en novembre 2025. Pour mettre au pas, un guide « pédagogique » de 20 pages paru en aout est préfacé par le ministre. Il revendique la « victoire » pour la boucherie mondiale de 1914-18 qui a fait près de 20 millions de morts et blessé plus de 10 millions de soldats.

Afin de « prendre conscience de l’unité de notre pays » (préface), les directions d’école et chefs d’établissement sont invités à associer à l’évènement des partenaires comme « la police, la gendarmerie, l’armée » (p. 4).

Dans la partie « Travailler avec les élèves la notion consacrée de Mort pour la France » (p. 5), le chauvinisme sacrificiel s’invite dans l’EMC et s’appuie sur « les classes de défense et de sécurité globales » (p. 6) créées en 2015 sous Hollande pour « éduquer à la défense » . L’armée propose des « entrées défense » sur Éduscol et le guide Acculturer les jeunes à la défense, de novembre 2025, vend les stages de 4e, 3e et 2e en milieu militaire comme un avenir ! La campagne est systémique : la loi Blanchet, adoptée en mars 2026, avec les voix des députés LR et RN vise à « renforcer l’enseignement de la défense nationale dans le cadre du parcours de citoyenneté ». Il faut gonfler les rangs du service militaire volontaire de Macron.

La caporalisation des enseignants et des élèves complète la récente loi de programmation militaire de 36 milliards d’euros supplémentaires qui s’ajoutent aux 413 milliards initialement prévus pour 2026-2030.

Les professeurs devraient donc imposer à leurs élèves un moment « d’hommage et de recueillement » avec « une posture de respect et d’écoute » (p. 8). Comme à la caserne, l’hommage se ferait « dans la cour ou le hall en présence du drapeau tricolore ou d’un portrait de Marianne » avec la « participation du plus grand nombre » (p. 9). On suggère aussi de lire « le texte du ministre de l’Éducation nationale » (p. 10). Rhétorique et gestuelle militaires prendraient place dans les établissements scolaires avec « l’annonce « Aux morts » , (p. 11) agrémentée d’un garde-à-vous et d’un salut militaire puis d’« une minute de silence et la Marseillaise » (p. 11). « Un dépôt de gerbes ou d’objets symboliques par les élèves ainsi que l’appel des morts » (p. 11) sont également conseillés.

À la suite de ce fatras macabre, lors du retour en classe, les enseignants expliqueraient que « la mémoire des deux grands conflits mondiaux a contribué à la construction de la République française » (p. 12). C’est oublier la répression impitoyable par l’armée française des grèves, des révolutions (dont le premier gouvernement ouvrier de 1871), le renversement de la république parlementaire en 1958. Le mensonge de la « der des ders » en 1914 et le régime totalitaire et antisémite de 1940-1945 du maréchal Pétain sont carrément escamotés. Ils laissent la place aux « engagements internationaux de la France et ses engagements en opérations extérieures » (p. 12). Le gouvernement a-t-il en tête les massacres dans les colonies : Haïti, Guadeloupe, Martinique, « Indochine », « Nouvelle-Calédonie », Algérie, Cameroun, Cote d’ivoire, Maroc, Madagascar, Sénégal… ? Ou les dernières interventions impérialistes au Mali, en Centrafrique, en Syrie et en Irak ? A cette liste, il faut ajouter les bases militaires françaises, les troupes au service de l’OTAN et de l’ONU dont les Ukrainiens et les Palestiniens connaissent les sanglants résultats, l’aide récente à la monarchie absolue d’Arabie saoudite, qui a aidé le terrorisme islamiste et répand toujours le fondamentalisme salafiste.

Macron posait en rempart contre « l’extrême-droite », ce qui lui a valu le soutien électoral aux seconds tours du PS, du PCF, de LFI, du NPA. Mais son gouvernement s’en prend aux immigrés et applique à l’école le même encadrement nationaliste de la jeunesse que l’AfD réclame en Allemagne.

Nous veillerons donc à ce que, dans les écoles publiques, le drapeau fédéral soit hissé chaque jour d’école. En outre, nous instaurerons le chant collectif de l’hymne national, réunissant l’ensemble des élèves et du corps enseignant, comme élément fixe des cérémonies organisées dans le cadre scolaire (AfD de Saxe-Anhalt, Programme de gouvernement, 23 janvier 2026)

Cette offensive réactionnaire d’embrigadement doit être boycottée car contraire à la liberté pédagogique et au souci de préserver la jeunesse du chauvinisme, du militarisme, du bellicisme. Les directions des fédérations syndicales de l’enseignement condamnent (SNES-FSU, CGT-Education, FNEC-FO, SNUIPP-FSU, SGEN-CFDT) mais n’appellent pas au boycott général et national qui obligerait le gouvernement à rengainer ses clairons.

Front unique contre le chauvinisme, la xénophobie, la préparation de la guerre à l’école ! Aucun euro pour le militarisme ! Aucun de nos enfants à la guerre ! Dirigeants des fédérations syndicales de l’enseignement, appelez au boycott !

23 septembre 2026

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *