Interventions de PSC à la réunion nationale Emancipation

Le samedi 11 janvier, une rencontre entre PSC et Emancipation a permis d‘envisager un travail en commun notamment dans le Var et au moment du congrès national de la FSU. Lors de ces premiers échanges, les représentants de PSC ont proposé de soumettre à la discussion trois projets de motion afin de définir les bases d’un éventuel délégué national PSC au sein de la délégation Emancipation. Après un débat qui montre des différences, la direction d’Emancipation confirme sa proposition d’associer un délégué PSC à sa délégation au congrès national au vu des convergences de positions. Le samedi 18 janvier, deux délégués de PSC participent à la réunion nationale d’Emancipation de préparation du congrès national.

Intervention sur les amendements d’Emancipation au texte de la direction fédérale

La réunion est organisée autour d’un bulletin de tendance publiant les 3 motions PSC (lire par ailleurs).  Le débat débute par un travail d’amendements au texte principal et ses 4 thèmes soumis par la majorité sortante FSU puis se termine sur les projets de motions. Pour la première intervention, le délégué PSC assure que le nouveau gouvernement capitaliste n’a rien à envier au précédent.

Merci à Émancipation de l’invitation à votre réunion et pour l’accueil de PSC dans votre délégation. J’ai des questions concrètes sur comment ça va se passer car je n’ai jamais participé à un congrès national de la FSU mais je vois bien comment ça se passe dans le 92 notamment avec le jeu des amendements que vous présentez ici. A PSC nous n’avons pas la perspective de le faire parce que l’ensemble du texte Unité et Action et Ecole émancipée est marqué par l’acceptation de la collaboration de classe et l’absence de la question de quel pouvoir peut arracher les revendications. Si les revendications que vous avancez sont excellentes et je suis pour revenir sur les questions comme l’abrogation du choc des savoirs que vous défendez, il faut se poser la question de comment on peut l’arracher. J’imagine qu’une motion d’actualité devrait (c’est aussi une question) y répondre. C’est une appréciation importante avec une discussion politique qui peut se faire sur la base d’un rapport avec une présentation plus générale. Je vous donne mon point de vue sur ce qui pourrait être cette motion d’actualité devant la déclaration de politique générale de Bayrou et en conséquence de la sortie de Borne cette semaine sur l’éducation.

Avec sa déclaration, Bayrou mise, plus que jamais sur la collaboration de classe qui doit poursuivre les attaques. Il y a une différence légère mais réelle avec Barnier. On a par exemple contre nos retraites pour maintenir les 64 ans la volonté de recevoir patrons et directions syndicales et ça a été fait cette semaine ; ça doit se poursuivre. Ce gouvernement s’en remet à la collaboration de classe sous couvert d’économies, de dettes pour faire accepter des retraites amputées et le départ à 64 ans maintenu. Les directions syndicales des fonctionnaires ont déjà rencontré le nouveau ministre qui veut maintenir la baisse de 10 % de salaire des jours avec arrêt-maladie. C’est pareil sur l’éducation il y a, apparemment, le retrait des 4 000 suppressions de postes, peut-être que le non vote de la censure par le PS le permet, mais il y a le maintien de tous les coups portés contre l’enseignement public et vous en avez fait l’énumération. Ça va du Grenelle de l’éducation à la contre-réforme des lycées professionnels ou alors celle du choc des savoirs. Celui-ci est un petit peu aménagé avec un pas de côté sur la question du brevet mais il y a quand même le maintien de tout ce qui éclate les groupes classes et attaque finalement les conditions de travail des collègues à tous les étages. Contre cela je pense qu’une motion devrait se conclure et peut-être qu’elle sera élaborée dans le cadre de votre réunion sur le fait qu’aucun représentant syndical ne doit se présenter à ces concertations-négociations. Ça marquerait vraisemblablement dans le congrès le fait qu’il y a un pôle de délégués qui ne veut pas s’associer à un gouvernement capitaliste qui défend les intérêts des capitalistes. Par contre on peut préserver les droits et les revendications des travailleurs dans leur ensemble que ce soit contre la concertation « retraites » ou la concertation choc des savoirs que Borne appel de ses vœux. D’après Mediapart celle-ci doit prendre forme fin janvier. Je ne suis pas dans les papiers de madame Borne mais nous on est contre le fait qu’il y ait un quelconque représentant pour s’y associer.  On le dit au congrès FSU et on s’adresse aux autres directions pour qu’elles fassent de même. C’est une façon je crois d’essayer de regrouper les militants sur nos lieux de travail, dans nos établissements pour justement avoir un pôle qui soit avec PSC, avec Emancipation, avec tous ceux qui le voudront, vraiment marqué par le refus de la collaboration de classe et la perspective d’un gouvernement qui servent les intérêts des travailleurs donc un gouvernement par les travailleurs eux-mêmes.

Intervention sur les motions internationalistes à défendre au congrès national

Les camarades présents discutent de la Kanaky et certains insistent sur la nécessité de l’indépendance et pas seulement de l’auto-détermination. Par ailleurs, la motion PSC sur Mayotte apparait juste mais O., comme pour la motion contre l’association de la FSU à une syndicat policier, trace des pistes de petits amendements non écrits à ce moment. Sur ces questions internationalistes, le délégué PSC défend les motions déjà défendues lors de précédentes réunions.

Je suis très intéressé par les éventuels amendements d’O. sur Mayotte parce que nous on trouve qu’elle est très bien ficelée. Ce projet de motion renvoie à comment on interviendra en tant que membre de la délégation avec la particularité de défendre les positions de PSC. Je dis ça parce que sur la Kanaky, je suis d’accord avec Hélène par exemple. Comme on l’a déjà défendu dans le congrès Snesup national on est pour dire indépendance. Je lis la fin de la motion PSC qui est sur le site de PSC c’est assez court c’est plus développé que ce qui est présenté pour l’instant à la fin du thème 3 dans votre document qui se réduit à l’auto-détermination. Il est écrit ceci.

Face à la négation du droit à l’indépendance et à la répression le congrès du Snesup se prononce en urgence pour :

  • dehors la police et l’armée française
  • rétablissement des libertés démocratiques dont le droit de se déplacer manifester
  • démantèlement immédiat des bandes armées colonialistes et racistes
  • retrait du projet loi constitutionnel française
  • restitution des terres aux Mélanésiens
  • référendum de la population originaire de l’océan pour décider d’une Kanaky démocratique laïque avec les mêmes droits pour tous ceux qui veulent y vivre

Le congrès s’adresse à toutes les organisations syndicales politiques issues du mouvement ouvrier de France pour qu’elles reprennent ensemble cette position.

Je pense que ça peut mettre d’accord le pôle sur lequel on peut se réunir. Pourquoi ? Parce qu’évidemment UetA et EE vont faire le jeu de l’arrangement du processus démocratique qui permet de laisser la Kanaky dans le giron de l’impérialisme français. Je pense qu’il faut être très clair sur le fait qu’on est pour l’indépendance sur la question.

J’espère qu’on pourra discuter de la motion Palestine, même brièvement. Nous sommes pour nous appuyer sur celle du congrès national du Snasub parce que d’abord ça a une existence et surtout ça permet d’orienter uniquement sur la situation immédiate à Gaza et en Cisjordanie où pour contrer l’offensive sioniste, il faut le boycott des armes dans les pays impérialistes et répondre à l’appel des syndicats palestiniens. Avec le boycott des ventes d’armes et du transport par les syndicats, il faut s’adresser à tous les syndicats y compris ceux implantés dans l’industrie d’armement, dans les transports comme les routiers (où la CFDT je crois y est encore majoritaire), dans les trains et les ports (la CGT y est bien implantée). La FSU doit s’adresser à ces syndicats majoritaires pour bloquer les armes, les camions, les bateaux car malheureusement le mouvement syndical et ouvrier reste divisé et on se doit pour ça de réussir à avoir cette interpellation et cette exigence pour une campagne internationale « Stop arming Israël » par tous les syndicats, tous les partis et tous les collectifs qui se réclament du droit des Palestiniens et qui disent parler au nom des travailleurs. C’est sous cet angle là que je pense que la motion qu’on a avancée est évidemment meilleure, est plus concrète, plus matérialiste que ce que j’ai lu dans la proposition Emancipation qu’il y a en page 22.

Intervention en défense de la motion police

Les camarades d’Emancipation proposent des amendements qui édulcorent un peu le propos et ménagent les courants dirigeants la FSU. Cela émousse l’axe mais ne retire rien du fond politique. Emancipation revendique le fait d’avoir été les premiers à contester l’association du syndicat policier. Face aux propositions d’amendements, le délégué PSC argumente ainsi.

L’idée de citer les deux courants (UetA et EE) parce qu’ils sont majoritaires et ont fait adopter en mars 2024 l’accueil d’un syndicat policier dans la FSU. Elle était la dernière fédération représentative sans syndicat policier. Même Solidaires Intérieur existe. Bref on se retrouve avec un mouvement ouvrier qui non content d’avoir des directions qui se pavanent au parlement et dans les ministères pour collaborer sur toute une série de plans et de contreréformes, intègre en son sein des matraqueurs de sans-papiers, de la jeunesse et des travailleurs en lutte. Et c’est vrai que les contrôles de flics sont en plus principalement destinés à la jeunesse plutôt noire et d’origine magrébine. C’est contre cet ensemble là et l’institution policière, sans distinction aucune, qu’il faut se dresser dans la tradition du mouvement ouvrier. La conclusion de la motion vient de loin au sein du mouvement ouvrier. Elle est volontairement mesurée mais elle donne bien une perspective : l’auto-organisation et l’autodéfense. Elle ne se prononce pas explicitement pour l’armement du peuple comme dans le Manifeste du parti communiste ou le programme du Parti ouvrier en 1880 écrit avec l’aide de Marx. Mais il y a la volonté de dire que tous les syndicats, sur la forme d’un front unique, doivent mettre en avant des services d’ordre dans les quartiers ou des milices populaires ouvrières et non pas celle des réactionnaires. Celles du mouvement ouvrier auront réellement une représentation populaire et alors il y aura aucun souci pour les voir s’associer au mouvement ouvrier comme lors de la Commune de Paris. Mais la police actuelle ne représente pas du tout ça. Elle a à 99 % une fonction de répression et de maintien de l’ordre social (on peut reconnaitre que la brigade des mineurs a une fonction louable) et globalement c’est une arme contre le mouvement ouvrier en général contre les grèves et les mobilisations en particulier. C’est ce que veut marquer la motion.

Sur le bilan retraites 2023 et la tactique des motions

La question d’un texte « action » au moment du congrès au nom de la tendance Emancipation arrive en toute fin de réunion. Le délégué PSC intervient dans le débat sur le bilan 2023 et la raison d’être des positions PSC.

Une question qui n’est pas soulevée par le balayage selon les 4 thèmes, c’est la question du bilan de mouvement de grève en défense des retraites. Je suis pour être très clair au contraire de ce qu’avancent les directions syndicales ou les partis parlementaires comme LFI, le PS ou le PCF qui disent qu’il y aurait une « victoire morale » comme l’écrit le texte FSU. Il faut constater qu’il y a une défaite et que la raison de la défaite, c’est fondamentalement le fait que l’intersyndicale et ses 14 journées d’action ont interdit la grève générale de dizaines de millions pouvant se dresser pour empêcher l’attaque de Macron et de Borne. Je pense que ça devrait être dit de manière très courte, je ne sais pas si c’était prévu, mais en tout cas c’est une suggestion pour avancer lors de la prochaine visio. Dans le congrès lui-même je suis assez pour systématiquement maintenir toutes les motions. La raison est la suivante : les 75 % quand ils sont actés avec UetA et EE, ils sont actés avec ceux-là mêmes qui disent qu’il y aurait victoire morale avec ceux-là mêmes qui disent qu’avec le gouvernement on peut négocier. Ils prétendent aussi que cet Etat est neutre, que son école est neutre et pour tous, qu’on peut faire de la transformation sociale. Ils ont toute une série d’expressions de ce type-là. Il n’y a rien à gagner. Par contre, maintenir nos motions, les dire au congrès à moins qu’on nous l’interdise, c’est la volonté de s’adresser aux non syndiqués et à tous les travailleurs. Et donc de dire : oui il existe un pôle de classe et il a fait des propositions. Sur la police, sur la Palestine, sur la Kanaky, sur Mayotte. C’est en ce sens-là qu’il n’y a pas grand-chose à attendre du Congrès sinon avoir une expression lutte de classe qui permet dans le congrès comme à l’extérieur en maintenant nos motions de faire en sorte qu’un pôle révolutionnaire lutte de classe existe au sein du mouvement ouvrier.

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