Zéro suppression de poste dans l’enseignement public !

Pour financer les colossaux budgets de l’armée et de la police, le gouvernement Macron-Lecornu applique l’austérité à l’enseignement public. Le blocage des salaires des 950 000 travailleurs du secteur (enseignants, AED, AESH…) a été confirmé par le ministre Geoffray en janvier et il supprime comme prévu 4 000 postes. Cela affecte peu les établissements « privés » de l’Église catholique (au total -762), mais frappe de plein fouet l’enseignement public : -1 891 dans le primaire et -1 365 dans le secondaire.

Dans le primaire, les fermetures de classes augmenteront le taux d’encadrement et réduiront un peu plus encore les postes de remplaçants, Rased, ULIS, UPE2A… Dans les quartiers populaires, l’impact de ces attaques est renforcé par la pauvreté croissante et le manque de services publics de santé et d’aides à la jeunesse : infirmières, psychologues et médecins scolaires, CMP, CMPP, orthophonistes… Les établissements en REP et REP+ sont particulièrement visés par les suppressions. Dans le Pas-de-Calais, ces collèges sont les moins bien dotés en nombre d’heures rapporté au nombre d’élèves. En Seine-Saint-Denis, une dizaine d’heures a été retirée à chaque établissement dit « sensible » ; seules 4 ont été réaffectées aux nouveaux entrants en REP.

Avec officiellement plus de 26 élèves par classe en moyenne en collège et plus de 30 en lycée, l’argument de la baisse démographique est une arnaque. Les effectifs sont parmi les plus lourds de l’OCDE et la part du PIB investie dans l’éducation est passée de 7,7 % à 6,6 % entre 1995 et 2022. La réalité sur le terrain, ce sont des suppressions d’options, de demis-groupes et l’explosion des heures supplémentaires pour compenser les absences.

À cette pénurie organisée s’ajoute le plan « Collèges en progrès » de Geoffray. Il cible 800 établissements (15 %) dont « plus de 40 % des élèves ont moins de 8 sur 20 en français et en maths au brevet » souvent en REP ou n’y ayant jamais accédé ! Dès ce printemps, le ministre veut imposer aux enseignants des tâches supplémentaires et augmenter leur temps de travail sans prime ni aucun poste supplémentaire vantant un « redéploiement des moyens permis par la baisse du nombre d’élèves » (18 décembre 2025). Il fait porter aux équipes la responsabilité des difficultés scolaires des élèves que le fait de déroger au cadre national et aux programmes, durant 3 ans de pilotage local « sur mesure » est censé améliorer…

Face à cette attaque, les directions syndicales laissent les collègues se débrouiller, isolés établissement par établissement. De même, face aux fermetures de classes, aux dotations en baisse dans les collèges, alors que les enseignants, souvent avec le soutien des parents d’élèves, cherchent à se défendre, elles refusent de rassembler les forces, tous ensemble, en grève jusqu’à satisfaction.

Le 20 mars, certaines d’entre elles ont décrété une « semaine de mobilisation du 30 mars au 3 avril » et à « une journée de grève le 31 mars ». Les chefs syndicaux refont le coup de la journée d’action impuissante et démoralisante et de la semaine d’action à géométrie variable qui ont causé défaite sur défaite, dont celle sur les retraites en 2023.

Nous alertons dès maintenant sur la nécessité de préserver l’Éducation nationale dans le prochain budget… Nos organisations continuent le travail pour exiger des moyens et d’autres choix budgétaires. (FSU, UNSA, CFDT, CGT et SUD, 20 mars)

Qui peut croire que legouvernement Renaissance-MoDem-Horizons pourrait soudain changer de cap grâce aux « propositions » respectueuses de l’Intersyndicale ? Le « travail » des bureaucrates consiste à se précipiter à toute convocation du gouvernement Macron-Lecornu-Geoffray et à participer aux CESE, CSE, groupes de travail ministériels, conseils d’administration des collèges et des lycées, COR, Conseil commun de la fonction publique…

Cela permet au ministre de la fonction publique de se réjouir du « dialogue social de qualité avec les organisations syndicales, notamment sur les parcours de carrière et les rémunérations » au CCFP(Amiel, 7 novembre 2025) alors que le préalable du gouvernement était : « on ne pourra pas avoir une augmentation générale des rémunérations ».

Assez de collaboration avec le gouvernement ! Imposons des assemblées générales démocratiques pour débattre, élire des délégués révocables, constituer une coordination nationale pour affronter le gouvernement, le vaincre et obtenir la satisfaction de nos revendications immédiates.

  • Aucune suppression de poste dans l’enseignement public, fin des subventions aux Bétharram de l’Église catholique
  • Création de postes pour avoir moins de 25 élèves par classe partout et moins de 20 en éducation prioritaire
  • Abrogation du plan « Collèges en progrès »
  • Intégration en éducation prioritaire de tout établissement qui en fait la demande
  • 400 euros pour tous et toutes et indexation des salaires sur les prix

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