Après plus d’un mois de grève générale dans les écoles, collèges et lycées de l’île et un ultimatum adressé au gouvernement, les travailleurs de l’enseignement public ont arraché d’importantes revendications. Un protocole d’accord a été signé le 6 novembre entre la ministre de l’Éducation nationale, les syndicats et collectifs (VMM, MMI, ENS, FRAM) représentant les titulaires et les contractuels. Les mesures convenues doivent être intégrées au projet de loi de finances initiale 2026 et les signataires ont déclaré surveiller cette inscription au budget.
Le principal acquis concerne l’intégration dans la fonction publique des diplômés de l’École Normale Supérieure (ENS), des enseignants formés au Centre de formation pédagogique et de recherche pour les professeurs (CFPRP) dont des dizaines se retrouvaient précaires, voire sans emploi, ainsi que des enseignants issus du réseau FRAM. Ces derniers, recrutés localement et payés par les fédérations de parents d’élèves face à la pénurie générale d’enseignants, surtout dans les campagnes, avaient obtenu une indemnité de l’État en 2003 mais jamais leur intégration dans le corps des fonctionnaires. L’accord prévoit également l’intégration systématique des agents ayant accompli six années de service.
Deux autres revendications ont été satisfaites : l’indemnité de craie de 50 000 ariary (Ar) passe à 150 000 et celle de logement atteint 200 000 Ar, contre 14 000 actuellement.
En outre, l’augmentation de 14 % du salaire de l’ensemble des fonctionnaires a été adoptée dans le budget pour 2026, première hausse depuis 5 ans. C’est une conséquence de la mobilisation de septembre-octobre mais cela reste très insuffisant, vu la faiblesse des rémunérations et l’inflation à 8,2 % qui les rogne.
