Reims : un étudiant condamné pour avoir porté un keffieh !

11 manifestants avaient été arrêtés à Reims le 10 septembre 2025, lors des rassemblements de l’appel Bloquons tout relayé par plusieurs directions syndicales et par LFI sans se préoccuper de l’organisation d’un service d’ordre, ni des suites judiciaires. L’un d’entre eux, un étudiant de l’université Reims Champagne Ardenne, pour avoir porté un keffieh qui couvrait à moitié son visage et avoir refusé de donner son identité à la police, avait dû subir 41 heures de garde à vue et une interdiction de manifester jusqu’à son procès. Mardi 10 mars, le tribunal correctionnel de Reims l’a condamné à effectuer un « stage de citoyenneté » et à verser 500 euros.

Ce jugement s’inscrit dans un moment d’intensification de la répression orchestrée par le gouvernement, notamment après la mort du néonazi Deranque, qui concerne au premier chef les militants propalestiniens et antifascistes. À l’université, une circulaire Baptiste-Retailleau appelle les présidents à interdire les réunions et les manifestations politiques. Déjà, à Reims, son application a interdit la tenue d’une assemblée générale antifasciste.

La condamnation a été facilitée par l’absence de mobilisation des organisations politiques et syndicales qui avaient appelé au 10 septembre. La récente relaxe du secrétaire général de l’UD CGT 59, initialement condamné pour « apologie du terrorisme », illustre parfaitement que la mobilisation des travailleurs protège face à la justice de classe.

Le 23 septembre, un membre de la tendance Pour un syndicalisme de combat (PSC) a fait adopter au Conseil délibératif fédéral départemental de la FSU Marne, une motion pour que le syndicat organise la défense des camarades réprimés.

Face à une telle criminalisation du mouvement ouvrier et des organisations qui lui sont liées, et en particulier de la jeunesse, la FSU 51 se prononce sans ambigüité pour la liberté de manifestation, contre les violences policières, contre la présence des policiers dans les universités. Nous appelons toutes les organisations étudiantes et du mouvement ouvrier (syndicats, partis, groupes …) à organiser avec nous la défense des lieux d’études, de travail, des rues, des manifestations, et des assemblées générales. Dès maintenant, nous décidons de prendre en charge la défense des camarades, leur assurer le soutien d’un avocat si nécessaire, lancer une caisse de solidarité et mobiliser les travailleurs et la jeunesse afin de protester contre cette arrestation insensée et contre un procès de criminalisation des luttes. Nous nous adressons à toutes les organisations de jeunesse et du mouvement ouvrier avec les organisations défense des libertés (LDH…) à s’associer immédiatement à cette campagne. Nous nous adressons à la direction nationale de la FSU pour qu’elle assure tout son soutien et répercute cette position auprès des directions nationales des autres syndicats.

Mais la direction départementale de la FSU n’a contacté aucune organisation et n’a mené aucune campagne. Les directions départementales des confédérations (CFDT, CGT, FO, Solidaires, UNSA…) n’ont pas bougé le petit doigt.

Le camarade inculpé était membre d’un syndicat étudiant, l’Alternative étudiante rémoise qui avait aussi appelé au 10. Son propre syndicat a refusé, pendant plusieurs mois, toute campagne dans les amphis, les TD et les RU. L’AER s’est contentée de mettre en place un « comité anti-répression », aussi bavard que paresseux, dont la seule action a été de mettre en ligne une pétition qui a réuni une centaine de signatures. En revanche, cette pouponnière de futurs bureaucrates syndicaux sait s’activer quand il s’agit de se faire élire aux instances de cogestion.

Face à l’inertie persistante de l’AER, deux militants du GMI sont intervenus le mardi 3 mars dans des promotions pour défendre le camarade. Malgré des forces limitées, une motion a été adoptée par cinq promotions sur sept auxquelles elle a été présentée.

Nous protestons contre l’arrestation de notre camarade Sacha lors de la journée de protestation sociale du 10 septembre et exigeons la levée de toute sanction et de toute procédure judiciaire à son encontre. Nous nous prononçons également pour la liberté de manifester et de tenir des réunions sur nos campus.

Ce que démontre cette initiative, c’est qu’il est possible de se tourner vers la masse des étudiants pour organiser la solidarité avec un des leurs.

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