Le 23 novembre, la convention citoyenne commandée par Macron a remis son rapport « pour mieux structurer les temps de l’enfant ». Les dirigeants des organisations syndicales (sauf le Snudi-FO) l’ont validé par leur participation, aux côtés du Medef, des lobbys capitalistes de la restauration scolaire et du tourisme, des représentants du détournement massif de fonds publics au profit de l’endoctrinement à 96 % catholique. Les critiques qu’ils émettent maintenant que le texte est publié valent aussi cher que leur détermination à empêcher l’adoption du budget Lecornu.
En 254 pages et 20 propositions, les faux experts et les vrais candides, bien encadrés par les membres rétribués du Conseil économique social et environnemental, professent que les élèves se porteront mieux avec moins d’école. Voilà qui tombe à propos quand l’heure est à l’austérité pour les services dus à la population : le Sénat vient de valider la suppression de 4 000 postes dans l’enseignement. Les parents, les jeunes et les enseignants qui connaissent la pénurie de professeurs dans certaines matières, certaines académies, le manque criant de remplaçants, d’accompagnants pour les élèves à besoins particuliers, la disparition des réseaux d’aides, les choix limités d’options dans les quartiers pauvres, les classes chargées, savent que cette coupe ne sera en rien « épongée » par la baisse démographique puisqu’elle aggravera encore la situation actuelle.
Baisse démographique que le budget de la guerre, lui, n’a pas l’air de craindre et que le chef d’état-major des armées Mandon ne rechignerait pas à accentuer phénoménalement… Il a déclaré le 17 novembre qu’il va falloir « accepter de perdre ses enfants et de souffrir économiquement ». Comme toujours, la souffrance n’est pas du côté du manche du fusil : au budget 2026, 57,1 milliards d’euros (+ 13 %) pour l’armée, 413 milliards d’euros programmés pour 2024–2030. Macron, qui vient de lancer le service militaire volontaire dans le but d’augmenter les rangs kaki de 50 000 soldats d’ici 2035, entend utiliser aussi les enseignants pour faire marcher au pas.
Notre nation doit mieux accompagner l’envie de servir de notre jeunesse. C’est ce que le ministère de l’éducation nationale aura à apporter. (Macron, 27 novembre)
Notre tendance intersyndicale appelle à la mobilisation pour garantir un avenir à la jeune génération. Elle rejette les propositions de la convention qui visent à diminuer l’enseignement qualifié pour la masse des élèves (réduction des programmes, du nombre d’heures de cours, intervenants extérieurs…) tandis que serait augmenté le temps de travail et la polyvalence des enseignants (semaine de cinq jours, encadrement « d’activités »…). Elle réclame l’égalité de traitement et de moyens sur tout le territoire, ni municipalisation de l’école, ni privatisation !
· À bas les budgets militaristes et réactionnaires ! Pas un euro, pas un jeune pour l’armée impérialiste française ! Aucune propagande à l’école pour l’armée et la guerre ! Aucun vote d’un parti qui se réclame des travailleurs pour financer l’armée impérialiste !
· Embauche d’enseignants qualifiés pour avoir moins de 25 élèves par classe et moins de 20 dans les quartiers populaires !
· 400 euros pour tou(te)s ! Égalité salariale hommes-femme ! Augmentation du point d’indice ! Échelle mobile des salaires et rattrapage du pouvoir d’achat perdu ! Abrogation de l’attaque Macron-Borne contre nos retraites !
· Pas un euro pour « l’enseignement » privé ! Expropriation et intégration des établissements privés à l’enseignement public ! Accueil de tous les enfants à l’école publique !Titularisation des précaires contractuels (AESH, AED, professeurs…) !
· Régularisation des travailleurs sans papiers et de leurs enfants !
8 décembre
