Lors de la commission nationale (CA) du 12 mars 2026, le bureau national commence par des satisfecit sur le 8 mars et la journée d’action du 10 mars qui a rassemblé moins de 200 personnes devant le Cneser ! Les chefs syndicaux affirment d’ailleurs que le gouvernement a reçu un camouflet avec les votes contre du Cneser car le ministre… est « parti avant la fin ». Selon eux, « il faut y être pour avoir des oreilles et savoir ce qu’y s’y raconte ». Comme si le principal syndicat de la profession ne connaissait pas les projets du gouvernement ! « On n’est pas invité à toutes les réunions, n’avons nous pas des choses à dire sur tout ? ». À qui faut-il dire « des choses » ? Au gouvernement du capital ? L’éloquence des chefs syndicaux va changer l’eau en vin et le persuader d’opter soudain pour les étudiants, les enseignants-chercheurs et les autres travailleurs du supérieur ?
Sur « l’extrême droite », la direction se satisfait des déclarations de la FSU. Elle se contente de peu. Ce terme confus mélange les partis bourgeois dont l’axe est le racisme et la méthode les élections (UDR, FN-RN, Reconquêtes…) avec des bandes fascistes qui s’en prennent physiquement au mouvement ouvrier et aux minorités comme celles du nazi Deranque. En ce qui concerne ce dernier, la direction de la FSU avait renvoyé dos-à-dos les nervis fascistes et la Jeune Garde.
Pour contrer la montée électorale du FN-RN, les responsables FSU (et SNESup) appellent… à bien voter, c’est à dire pour « les forces républicaines ».
La FSU condamne les violences qui ont abouti à la mort de Quentin Deranque, à Lyon, le 14 février dernier. (FSU, 19 février)
Les forces républicaines ont la responsabilité de présenter des projets clairs et crédibles. (FSU, 26 février)
Autrement dit, à voter une fois de plus pour les partis du gouvernement macroniste qui nous attaque tous les jours et pour ceux des LR qui trouvent que ces attaques sont insuffisantes. Comme si le soutien répété des bureaucraties syndicales (CFDT, CGT, FSU…) et des partis réformistes qui leur sont liés (PS, PCF, LFI) à Chirac puis à Le Pen n’étaient pour rien dans la montée électorale du FN-RN.
Sur la « situation internationale », la direction reste sur « le respect du droit international ». Mais le « droit international » inclut la reconnaissance d’Israël, donc le respect de la colonisation de la Palestine.
Concernant la situation de l’enseignement supérieur, la direction encourage la description par chaque participant des maux qui touchent son établissement. Ce n’est malheureusement pas une analyse sérieuse débat, mais une suite de constats. Or, la pénurie généralisée, la paupérisation de l’université publique est le résultat inévitable d’une politique délibérée et centralisée, de l’austérité budgétaire pour la recherche publique non militaire, l’enseignement public et la santé publique, de la priorité parlementaire et gouvernementale accordée à la police et à l’armée, ces deux piliers de l’Etat « républicain ».
Jamais n’est posé sur la table la question de l’indépendance vis-à-vis du gouvernement du grand capital, du combat contre lui ! À la place, on assiste à la laborieuse mise au point d’un consensus entre les deux tendances qui codirigent le syndicat, AS et EE (emplacement d’une virgule, mêlée confuse sur le choix d’un mot…). Pour finir, la montagne accouche d’une souris. Il s’agirait de faire pression pour que ce gouvernement améliore sa politique.
Le Snesup-FSU appelle également à amplifier la mobilisation en cours pour un autre budget et à faire du 26 mars, jour de la plénière des assises du financement, une journée de mobilisation et d’action pour dénonce les choix budgétaires faits pour l’ESR et porter des alternatives.
Alors que l’université publique est exsangue ; alors que ses travailleurs sont appauvris, pressés comme des citrons, précarisés ; alors que certains pans de l’ESR ferment et que le « privé prend la relève » comme en Normandie, la direction est accourue avec SUD et la CGT aux assises de Macron, Lecornu et Baptiste pour la paupérisation de l’université publique. Mais qui peut croire le gouvernement actuel et ses budgets militaristes et d’austérité vont changer leurs choix ?
AGIR-PSL s’est abstenue sur ce texte. Seul PSC a voté contre.
Plus rien qui concerne les urgences décrites le matin ! La tentative AGIR-PSL d’aborder la précarité, est noyée dans l’immobilisme défini par la bureaucratie : tout ce qui a été dit en BN est proposé en CA, et rien ce que le BN n’a pas décidé ne doit être discuté et voté par la CA. Après le sacro-saint vote de l’appel, la CA continue avec le débat sur les thèmes du congrès d’étude prévu en juin au Havre les 3 et 4 juin. L’appareil AS veut empêcher la démocratie syndicale.
Comme c’est un congrès d’étude, pas besoin de faire de motion !
Des EE présents comprennent que leurs alliés d’AS veulent se passer d’eux et s’émeuvent.
Pour un syndicalisme de combat propose à tous les militants et tendances du Snesup, des autres syndicats de la FSU, de tous les syndicats de l’ESR, de se coordonner pour assurer la démocratie syndicale et défendre nos intérêts face au gouvernement de la bourgeoisie.
12 mars 2026
