Intervention au conseil syndical du Snuipp 59

Comme d’autres enseignantes-relais, ma première préoccupation est que le syndicat serve à la défense des personnels, ce qui aiderait grandement à le renforcer. Or, face à l’administration académique comme nationale, l’aplatissement est la norme. Le DASEN vient de nous adresser un courrier qui cherche autant à intimider qu’à infantiliser.

Toute absence, quelle qu’en soit la durée ou le motif, doit être signalée sans délai à l’autorité hiérarchique et faire l’objet d’une justification transmise dans les formes et délais règlementaires. À défaut, l’absence est considérée comme irrégulière.

J’attire votre attention sur les conséquences administratives et financières de l’absence de justification, notamment une retenue automatique sur traitement pour service non fait, voire des difficultés ultérieures dans la gestion de la carrière (avancement, situation statutaire, engagement de procédure administrative en cas d’absences non justifiées et répétées, etc.).

Réaction syndicale ? Zéro.

Nos collègues sont empêché(e)s de se rendre à des journées de formation syndicale (300 demandes pour participer au stage « reconversion dans la fonction publique » organisé à Lille) ou d’assister à des conférences dans le cadre du plan académique de formation. Quand j’ai protesté et soutenu ces demandes légitimes, la direction départementale du syndicat m’a servi « la nécessité de service », raison qu’invoque le DASEN. La direction syndicale ne propose aucune riposte alors que ces restrictions sont la conséquence des suppressions de postes, donc des moyens de remplacements.

Les difficultés à exercer à cause des injonctions et préconisations intempestives, des visites-conseils outils de surveillance des inspections, de l’inclusion d’élèves en grande difficulté, des multiples réformes (programmes), des salaires trop bas… qu’expriment les collègues sont anesthésiées comme des situations individuelles. Elles font l’objet d’un pesant « tour de table » au conseil syndical au lieu d’être autant de nécessités d’organiser l’action collective pour battre la politique militariste du gouvernement qui a augmenté de 3,5 milliards le budget de la guerre, réduit de 4 000 les postes dans l’éducation nationale (400 dans notre département !), restreint les moyens des services publics…

La participation des directions syndicales aux « concertations », « conclaves » avec le gouvernement, aux « négociations » des attaques contre le service public d’éducation ne peut que décourager, démobiliser les collègues. Les acquis sociaux sont les résultats des luttes, pas des parlottes au ministère.

Arrêt de la participation des sommets syndicaux aux concertations avec le gouvernement et ses ministres ! Nous n’avons pas de « propositions » à leur faire, mais des revendications à arracher.

  • 400 euros pour tou(te)s !
  • Des moyens à la hauteur des besoins pour l’éducation et la recherche publiques, en particulier, création des postes nécessaires pour garantir la qualité de l’enseignement ! Pas un euro pour l’enseignement privé !
  • Titularisation des précaires, y compris étrangers !
  • Aucune expulsion d’élève ou d’étudiant étranger !

L’efficacité, c’est de s’organiser en assemblées générales démocratiques, de nous coordonner afin de nous défendre, d’élire nos représentant-e-s pour contrôler notre lutte, de nous regrouper en tendance intersyndicale Pour un syndicalisme de combat, de préparer la grève générale avec les autres travailleurs pour arracher nos revendications, défaire le gouvernement bourgeois au profit d’un gouvernement qui serve nos seuls intérêts.

4 mars 2026

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